La jeune mexicaine Fabiola Espiga raconte son travail ainsi : "Les rumberas (fans de rumba) du cinéma mexicain ont été mon premier modèle de l'idéal de perfection en raison de leurs corps exubérants et du contrôle qu'elles en ont. J'aime aussi l'obscénité de John Waters, les scènes pop d'Harmony Korine et le travail général de Toshio Saeki et Namio Harukawa. Avec tout ce bagage visuel, j'ai commencé à construire des personnages et des atmosphères proches du genre de choses que j'aime consommer. Il est évident que dans toutes ces références l'érotisme prévaut, et celui des femmes en particulier, avec son pouvoir et son autonomie, avec l'auto-perception, et sans besoin d'une figure masculine, ainsi que l'acceptation du désir compris comme une présence farouche."  

"La sensualité et la sexualité sont importantes dans mon travail car elles représentent pour moi une dichotomie entre la force et la vulnérabilité, et avec une existence au sein de l'intimité. Ce n'est pas une sensualité avec des lanternes ou à montrer à un public, c'est quelque chose comme un moment seul." 
"Toutes ces approches de mes personnages ne peuvent être extirpées de moi, avec le temps j'ai découvert qu'il y a un idéal implanté. Mon travail artistique a signifié une confrontation et une recherche personnelle pour me comprendre et vouloir me représenter de cette façon, ceci étant un dialogue pour comprendre ce que je voudrais montrer de moi, comment accepter mes désirs et être consciente de mon propre corps. Une sorte de guide et/ou de rappel de ce que le pouvoir et la liberté signifient pour moi." 

"Je suis surprise par le fait que ce que je fais puisse être apprécié, car tout est un journal intime pour moi, c'est comme si les gens écoutaient ce que je veux dire. Alors j'ai osé commencer à explorer d'autres toiles, comme la peau. J'apprends à tatouer pour faire mes dessins et c'est une autre surprise de voir sur le corps quelque chose qui est sorti de vous, c'est un peu choquant. À l'avenir, j'aimerais également réaliser des fresques murales."